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Ce présent propos se veut parole d’espoir et de sérénité, aussi je vous propose un document qui, en son temps, a conforté l’égrégore de notre bel Atelier.

Il s’agit de la planche posthume, du dernier travail que nous a légué l’ouvrier J. M.,

Lis et médite !
 

Très chers et bien aimés Frères.
 

A l’heure où vous prendrez connaissance de ces quelques lignes, les portes de l’Orient Eternel se seront à jamais refermées derrière moi, et j’aurai donc connu l’initiation suprême à laquelle, depuis le jour de notre naissance, nous sommes inéluctablement condamnés. Il y a bien longtemps que, dans la pénombre du Cabinet de réflexion, j’avais composé ce que nous appelons notre Testament philosophique.
J’ai, depuis longtemps oublié les termes qui le composaient, mais cela n’a plus beaucoup d’importance, car ils seraient certainement fort dissemblables de ce que je ressens maintenant.
Je voudrais tout d’abord, vous dire l’immense plaisir que j’ai éprouvé à votre contact, et surtout, tout l’enrichissement moral que vous m’avez apporté tout au long de ma vie maçonnique. C’est la raison qui m’a incité à composer un dernier testament qui, je le pense, sera beaucoup plus philosophique que celui qui fut livré aux flammes purificatrices, le jour de mon Initiation.
Mes Frères ! Nous ne pouvons nous empêcher d’être dans la tristesse lorsque la mort nous sépare de ceux que nous aimons.
Nous avons le cœur brisé par la mort de ceux que nous aimons, mais l’espérance nous soutient. Notre faiblesse naturelle nous accable, mais la foi nous relève. Savoir enfin que nous sommes destinés à la mort nous attristes, mais être pleinement conscients que nous émergerons en pleine lumière, après la plongée aux ténèbres, voilà ce qui doit nous réconforter.
De même qu’une chandelle exposée au vent, non seulement n’éclaire pas, mais s’éteint complètement et que le soleil radieux ne peut être obscurci par la tempête la plus furieuse, de même, la foi de ceux qui comptent sur la récompense de leurs mérites par un Dieu rémunérateur s’évanouit, tandis que celle de ceux qui ont la certitude de la présence du Grand Architecte de l’Univers en eux, ne s’éteint jamais.
C’est de cette foi toute simple, cette foi qui n’attend rien en récompense, que nous devons nous imprégner. Peut-être alors, aurons-nous la chance de voir se lever sur nous, nos enfants, et sur tous les hommes, le Soleil de Justice.
Alors, Frère, marche vers ta fin qui est d’éternelle jeunesse. Mais prend bien garde alors, que tes buts terrestres soient en rapport avec celui-là, au moins ne t’en écarte pas.
Souviens-toi que ton vrai destin sur la terre, n’est pas de t’enrichir, ni d’acquérir un nom, mais de t’instruire, afin d’être capable à tout instant, de pouvoir saisir l’étincelle de Vérité Eternelle.

Ce qui t’en empêcherait, jette-le !

Cette charge de convoitise qui fait cagneuse ta marche et bossue ton âme, encombre tes mains, jette-là ! Veux-tu parvenir à la tombe comme un pauvre être rabougri, pour le seul plaisir d’y avoir charrié bêtement ces biens matériels que tu y laisseras ?
Cette jalousie t’égare, jette-là !

Cette haine qui, comme un lupus, te ronge la face, te mange les yeux, au point de ne plus savoir où te portent tes pas, arrache-là, jette-là !

Et ces soucis qui sucent le meilleur de ton sang, cette peur où tu titubes, comme si tu allais à la mort, quand tu vas vers la vie, jette ! Jette !

En vérité, cette fin n’est pas la fin de l’ouvrier. C’est seulement la fin de l’œuvre, grande et douloureuse, pour laquelle l’ouvrier va toucher son salaire.
Saint Paul, lui-même, près de partir, n’écrivait-il pas : « Je suis fini, mais j’ai fini ». J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la Foi et j’attend ma couronne.
Parce que l’existence terrestre est une course à la couronne, la couronne de vie, la couronne de Vérité que rien ne flétrira, nous devons accepter avec sérénité le commandement qui dit à chacun : « toi, marche vers ta fin ». Et malgré leur dureté, garder assez de grandeur d’âme, pour en bénir les étapes ;
Nous ne sommes ici-bas que de simples voyageurs, efforçons-nous de faire tout ce qui peut nous rendre le voyage agréable, et sachons le rendre tout aussi agréable à nos compagnons de route, en essayant de les faire profiter de notre expérience, et peut-être, de nos Lumières.
Espérons mes Frères, espérons en confiance et sérénité !
Souvenons-nous de la dernière parole de notre rituel funèbre : « Rien ne se perd, tout se transforme ».

                                                                                            Votre Frère, J. M.

 
Ainsi notre Frère J. a dit, et ces paroles d’espoir dont nous avons pris connaissance alors qu’il n’était plus nous ont apporté une grande sérénité. Il nous avait légué le plus beau message qu’un Franc-Maçon honnête et sincère puisse produire. 

En publiant ce document, nous avons eu l’immense plaisir de raviver la mémoire de J. et de mettre en évidence un solide maillon de notre Chaîne d’Union.